Too expensive even for China: the country halts its ambitious race with Europe to build the world’s largest particle accelerator

Pendant des années, la Chine a vécu exactement ce scénario, mais à une échelle inimaginable : un anneau souterrain de 100 kilomètres, des champs magnétiques titanesques, des milliards investis pour traquer des particules invisibles. Dans les couloirs lumineux des instituts de physique de Pékin, des affiches colorées montraient ce rêve : un accélérateur plus grand que celui de l’Europe, capable de laisser le CERN derrière lui.

Et puis le ton a changé. Dans les réunions à huis clos, les graphiques économiques ont pris le dessus sur les diagrammes de collisions. La phrase est tombée, froide : « Trop cher, même pour nous. » Des chercheurs ont baissé les yeux, certains ont commencé à chercher des postes à l’étranger, d’autres ont rangé leurs maquettes dans des cartons. Le plus grand accélérateur de particules du monde, version chinoise, vient d’entrer dans cette zone grise où les rêves scientifiques restent coincés entre deux colonnes Excel. Quelque chose, là-dessous, s’est fissuré.

When even China says “too expensive”

À l’origine, l’idée paraissait presque simple : construire un « super-LHC » en Chine, plus vaste, plus puissant, plus moderne que l’anneau de 27 kilomètres du CERN près de Genève. Le projet, baptisé CEPC (Circular Electron Positron Collider), devait frôler les 100 kilomètres de circonférence, serpentant sous des champs et des villages, avec des halls techniques aussi longs que des aéroports. Sur les rendus 3D, tout semblait lisse, futuriste, inarrêtable.

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Dans les coulisses, l’addition montait sans arrêt. Les estimations, réparties sur plusieurs phases, grimpaient vers 5, puis 10 milliards de dollars, parfois plus selon les scénarios. Face à une économie qui ralentit, à une crise immobilière et à des dépenses massives en infrastructures et technologies stratégiques, même Pékin a fini par se poser la question que tout ménage se pose un jour : est-ce vraiment le bon moment pour ce genre de folie douce ?

La scène se joue sur un front discret, loin des caméras, mais avec des enjeux géants. En Europe, le CERN pousse son propre rêve : un Future Circular Collider (FCC) de 90 à 100 kilomètres, évalué à plusieurs dizaines de milliards d’euros sur plusieurs décennies. Pendant quelques années, la Chine a semblé prête à lui couper la route, à mener la course en tête, presque à l’arracher. Et puis la machine politique chinoise, habituellement rapide, a commencé à ralentir sur ce dossier précis, comme si quelqu’un avait retiré le pied de l’accélérateur.

Officiellement, le mot « abandon » n’est presque jamais prononcé. On parle de « réévaluation », de « priorités nationales », de « calendrier optimisé ». En pratique, les signaux sont clairs : les financements massifs attendus n’arrivent pas, les décisions se repoussent, les grandes annonces se font rares. Le message implicite est brutal : même pour un pays qui construit des lignes à grande vitesse comme d’autres construisent des ronds-points, ce projet scientifique-là est devenu trop lourd. Et ça change la donne pour tout le monde, y compris pour l’Europe.

Billions, politics and a ghost collider

On peut suivre la trajectoire de ce rêve chinois quasiment année par année. Vers 2012–2013, l’idée d’un géant circulaire en Chine commence à prendre forme, portée par des physiciens ambitieux et par un pays encore grisé par des années de croissance à deux chiffres. Des workshops se succèdent, des présentations circulent, des délégations étrangères sont invitées à Pékin. À l’époque, plusieurs chercheurs européens confient en privé ressentir une vraie pression : « If China goes first, the FCC in Europe may never happen. »

Le CEPC n’était pas juste un jouet de prestige. Techniquement, il devait d’abord fonctionner comme une « usine à Higgs », produisant des millions de bosons de Higgs dans un environnement très propre, parfait pour tester la physique au-delà du modèle standard. Plus tard, la même infrastructure devait accueillir un collisionneur proton-proton encore plus puissant que le LHC actuel. En clair : une autoroute vers la prochaine grande découverte en physique des particules. Ou bien vers un silence coûteux, si les nouvelles particules ne se montraient pas.

Et c’est là que l’arithmétique politique rattrape la poésie scientifique. Depuis la découverte du boson de Higgs en 2012 par le LHC, aucune « nouvelle physique » spectaculaire n’a vraiment émergé. Les prédictions les plus excitantes, comme certaines supersymétries ou particules exotiques, restent introuvables. Pour des décideurs politiques chinois confrontés à des priorités très concrètes — emploi, stabilité sociale, rivalité technologique avec les États-Unis — miser des dizaines de milliards sur une machine qui pourrait surtout confirmer ce que l’on sait déjà commence à ressembler à un pari intenable.

La phrase circule désormais dans les couloirs : *too expensive, even for China*. Cela ne veut pas dire que la physique fondamentale s’arrête là-bas. Plutôt que de concentrer l’effort sur un méga-projet unique, le pays renforce des programmes plus visibles, plus proches de l’application : calcul quantique, intelligence artificielle, semi-conducteurs, énergie. Le CEPC devient un « collider fantôme » : assez réel pour faire rêver, assez incertain pour ne jamais vraiment démarrer. Et à Genève, au CERN, certains respirent à moitié, conscients qu’ils viennent peut-être de garder une longueur d’avance… sans être sûrs de disposer, eux non plus, de l’argent pour le faire.

How to spend billions on science without losing people

Ce qui se joue derrière ce collider avorté dépasse de loin la Chine. C’est une question très simple : comment parler de science fondamentale dans un monde obsédé par les retombées immédiates ? Les partisans du CEPC ont longtemps insisté sur les avancées en supraconductivité, en cryogénie, en électronique de pointe. Ils ont montré des courbes, des retombées potentielles, des applications en imagerie médicale et en traitement de données massives.

Mais face à des familles qui voient le prix de l’immobilier exploser ou des jeunes diplômés qui galèrent à trouver un emploi, ces arguments semblent parfois hors-sol. Soyons honnêtes : personne ne lit tranquillement un rapport de 600 pages sur les retombées indirectes des accélérateurs de particules tous les jours. Le vrai défi, pour la Chine comme pour l’Europe, consiste à reconnecter ces mégastructures avec la vie ordinaire, sans tomber dans le storytelling forcé.

Un exemple frappant : en Suisse et en France, le CERN a mis des années à installer l’idée que le LHC ne servait pas qu’à « recréer le Big Bang », mais aussi à pousser les limites de l’Internet, des capteurs, des traitements de données. Cette pédagogie patiente a permis d’ancrer le projet dans le paysage, presque comme un voisin un peu excentrique mais sympathique. La Chine, elle, avait un calendrier plus serré, une ambition plus frontale : montrer sa puissance scientifique au monde, vite. Quand la conjoncture s’est durcie, ce discours accéléré a manqué de profondeur pour résister à la pression budgétaire.

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Pour les lecteurs, il y a là une leçon très personnelle : chaque fois qu’un immense projet scientifique est annoncé, poser deux questions simples. Qui paie, sur combien de temps, et que gagne-t-on si on ne trouve rien de « spectaculaire » ? La vraie valeur de ces machines n’est pas seulement dans la découverte inattendue, mais dans les milliers de petites innovations techniques qui finissent parfois par entrer dans nos hôpitaux, nos smartphones, nos réseaux.

Un physicien impliqué dans le projet résume ce décalage avec une lucidité un peu amère :

“We promised a door to a new universe. What governments hear now is: you’re asking for a very expensive key to maybe open a room that looks a lot like the one we already know.”

Si la Chine a ralenti sur le CEPC, ce n’est pas parce que ses chercheurs manquent d’ambition. C’est parce que le récit autour de ce genre d’infrastructure n’a pas suivi la vitesse des chiffres. Quand on empile les milliards, on finit par heurter une forme de plafond psychologique, même dans un pays habitué aux projets pharaoniques.

Pour garder ce genre de rêve vivant, sans perdre l’adhésion du public, certains experts plaident pour des stratégies plus « modulaires » : des projets en étapes, avec des bénéfices clairs à chaque palier, au lieu d’un tout ou rien colossal. D’autres misent sur des collaborations internationales renforcées pour partager les coûts et les risques. Là encore, ce qui semble très lointain touche des réflexes très humains : on accepte mieux de participer à un projet cher s’il ressemble à une aventure commune plutôt qu’à un pari solitaire de prestige.

Les non-spécialistes peuvent garder en tête quelques repères simples :

  • Un nouveau collider n’est pas une compétition sportive, c’est un pari collectif sur 30 à 50 ans.
  • Une « non-découverte » n’est pas un échec, mais un cadrage plus précis de ce qui est possible en physique.
  • Les vraies retombées technologiques arrivent souvent là où on ne les attendait pas.

A future written between Geneva and Beijing

La mise en pause du CEPC laisse un vide étrange. D’un côté, l’Europe garde, avec le LHC et son éventuel successeur, une position centrale dans la physique des hautes énergies. De l’autre, elle voit clairement que même une superpuissance capable de construire des villes entières en quelques années recule devant la facture des méga-accélérateurs. Ceux qui militent pour le Future Circular Collider à Genève savent désormais qu’ils devront affronter le même scepticisme budgétaire, les mêmes questions concrètes, les mêmes rubriques « dépenses folles » dans les journaux.

Ce qui se dessine, en creux, c’est peut-être une nouvelle forme de coopération mondiale. Sans la Chine en rival frontal sur un collider géant, l’option d’un projet véritablement global — avec contributions européennes, chinoises, américaines, japonaises — redevient audible. Ce n’est pas un rêve naïf : c’est aussi une manière de répartir une addition qui n’est plus supportable par un seul budget national, même colossal. Reste à voir si la rivalité géopolitique actuelle laisse encore ce genre de fenêtre ouverte.

Pour l’instant, le plus grand accélérateur du monde reste un anneau de métal et de vide sous la campagne franco-suisse. Le « super-anneau » chinois, lui, vit surtout dans des PDF, des propositions de conférences, des souvenirs de réunions un peu tendues. En arrière-plan, une autre question flotte, presque philosophique : jusqu’où une société est-elle prête à aller, financièrement, pour répondre à des questions qui n’ont pas de retombées immédiates mais touchent à notre compréhension la plus profonde du réel ?

La prochaine fois que vous verrez passer une image de gigantesque tunnel circulaire avec des couleurs bleues et des chiffres vertigineux, il suffira peut-être de vous souvenir de cette phrase discrète, prononcée dans un bureau de Pékin : « Trop cher, même pour nous. » Elle dit quelque chose de notre époque, de notre rapport au savoir, de notre patience collective. Elle laisse aussi une porte entrouverte : si ce rêve est trop lourd pour un pays seul, peut-être devra-t-il, un jour, appartenir vraiment au monde entier.

Point clé Détail Intérêt pour le lecteur
China’s collider pause The CEPC project is effectively stalled due to cost and shifting priorities Helps understand why even rich states rethink “moonshot” science
Race with Europe CERN’s Future Circular Collider faces similar political and financial doubts Shows how global scientific leadership is negotiated, not given
Beyond prestige Real value lies in long-term tech spinoffs and collaborative models Invites a more nuanced view of “expensive” science projects

FAQ :

  • Why did China slow down its plan for the world’s largest particle accelerator?Because the projected costs soared into the multi‑billion range at un moment où l’économie chinoise fait face à d’autres priorités stratégiques plus urgentes.
  • Was the Chinese collider officially cancelled?No, the language used is closer to “reassessment” and “delay”, but the lack of funding decisions and big public announcements indicates a de facto freeze.
  • What would this collider have discovered that the LHC cannot?Mainly ultra‑precise measurements of the Higgs boson and other particles that could reveal tiny deviations hinting at new physics beyond the Standard Model.
  • Does this mean the age of giant colliders is over?Not necessarily, but it suggests that future machines will likely need broader international funding and clearer narratives about their long‑term value.
  • Why should non-scientists care about this story?Because it touche à la manière dont nos sociétés choisissent d’investir — ou pas — dans des projets qui ne rapportent pas tout de suite, mais redéfinissent ce que l’on sait du monde.
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Author: Ruth Moore

Ruth MOORE is a dedicated news content writer covering global economies, with a sharp focus on government updates, financial aid programs, pension schemes, and cost-of-living relief. She translates complex policy and budget changes into clear, actionable insights—whether it’s breaking welfare news, superannuation shifts, or new household support measures. Ruth’s reporting blends accuracy with accessibility, helping readers stay informed, prepared, and confident about their financial decisions in a fast-moving economy.

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